La Danse, le ballet de l'Opéra de Paris de Frederick Wiseman

Publié le par The old Ben

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Réalisé par Frederick Wiseman

 

Un art au service d'un autre, c'est ce que propose Wiseman ici. Après la comédie française voici le 2 ème volet de la trilogie de Wiseman sur Paris, qui se terminera par le Crazy Horse.

A travers ce documentaire de 2h38, on assiste à la contemplation sous de nombreux angles de l'Opéra de Paris : du passage d'aspirateur à la représentation artistique finale en passant par les confidences et les réflexions sur l'accueil des mécènes et allant même jusqu'au blanchissement des chaussons de danse. Même si Wiseman dit avoir tenté de ne suivre personne en particulier, on détecte des coups de c?ur (notamment le solo du jeune danseur bondissant pour Genus que l'on voit à plusieurs reprises) et le besoin de suivre Brigitte Lefèvre qui sera le personnage central.

Cette directrice, avenante, dont on ressent tout de même la rigueur est le pivot de cet Opéra. Elle sera tour à tour confidente et conseillère, tout en restant ferme lorsqu'il le faudra, comme pour cette danseuse confirmée puis d'une jeune élève voulant « s'épanouir » ici, les deux doutant de leurs capacités pour des raisons différentes. On assiste ici à une chaine, une pérennité, et un respect pour les traditions, choses que l'on ressent à de nombreux moments.

L'?il de Wiseman s'attarde malgré tout plus sur les répétitions des 154 danseurs de ce plus grand Opéra du monde. Toujours sans musique, sans interview ni même commentaire, nous sommes des petits rats observant l'opéra par notre trou, voyant cette mise à nu pudique à travers cette caméra sur l'épaule. 12 semaines de tournages, 12 semaines à observer, 2h38 d'images, cela aurait pu être bien plus long, car ici ni l'historique de l'institution ni même, malgré le fait que Wiseman se veuille neutre, les montées de tension ne seront abordés.

Pour conclure on pourra regretter les différents degrés de lecture du documentaire : les initiés y trouveront leur art développé et de nombreux clins d'?il alors que les profanes n'y trouveront qu'un documentaire sur la Danse. Cela peut malgré tout paraître un peu long, les nombreuses séquences sur les toits peuvent autant agacer que séduire, mais ce que l'on retient au final c'est la beauté des gestes, ainsi que la grâce et la maitrise des corps des danseurs, c'est à dire l'essentiel.

 

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