Hadewijch de Bruno Dumont

Publié le par The old Ben

Hadewijch, ou la prose du cliché

http://cine-serie-tv.portail.free.fr/critiques-de-films/22-10-2009/hadewijch/hadewijch_haut.jpg



Le dernier film de Bruno Dumont est dans la lignée des autres plutôt radical et sujet à controverse. Ce film exigeant, voir inaccessible, raconte l'histoire de Céline, à la foi démesuré, et de son parcours après avoir quitté le noviciat, renvoyée par la mère supérieure, stéréotypé en vielle et austère, car étant une caricature de la religieuse.

S'enchainera une succession de clichés désastreux, la rencontre avec Yassine, musulman, arabe, donc banlieusard, et voleur (juste de scooter apparemment), qui la présentera à son frère Nassir lors d'une visite en banlieue (où des jeunes trainent en bas des immeubles avec des pitbulls, évidement). Lors d'un cours de théologie islamiste de Nassir (à l'arrière d'un Kebab, bien sur), Céline s'ouvrira à cette religion qui l'amènera logiquement au terrorisme, car c'est quasiment la même chose, nous sommes d'accord ? En parallèle la vision du bourgeois coincé est mise en avant ainsi que le stéréotype de la jeune fille fuyant son père et l'univers familiale faux et superficiel.

Si encore la cohérence du film était intacte, mais le spectateur est malmené de passages brutaux et de sauts spatiaux-temporels : du Paris bourgeois à la banlieue, d'un appartement en plein Paris à un théâtre de la guerre au moyen-orient, etc.. Si seulement Dumont ne cédait pas à la tentation liturgique du dernier ¼ d'heure par des violons emphatiques... Le summum du cliché.

Bref Hadewijch à travers une narration elliptique et fragmentée ne fera qu'accentuer ces clichés même pas désopilants. Et ce n'est pas le parallèle (douteux) entre la barbarie de l'extrémisme religieux et l'indifférence de l'occident face au problème du terrorisme qui améliore cela. Surtout à une époque où le climat social et les identités troubles, la séparation, l'individualisme, la peur de l'avenir sont des sujets forts, les traiter avec un minimum de subtilité et de complexité aurait été plus bienvenue.

On a du mal à croire à une vision métaphysique pour ce film, ce qui faisait brio dans « L'humanité » ou « Flandres », et c'est bien le défaut. Et ce n'est pas le pitoyable jeu d'acteur (relevé par une Julie Sokolowski très touchante) qui fait pencher la bascule. Si vous voulez découvrir le cinéma de Dumont préférez lui « L'humanité ».

À croire que Bruno Dumont en a oublié que toute image porte sa part de connotation.

Publié dans Cinéma

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Vincent 04/02/2010 12:31


J'ai bien souris en lisant le second paragraphe ! Et ce même si je ne connais rien au film, ni au réalisateur !
Et donc bravo pour l'article ;-)


The old Ben 05/02/2010 00:09


Merci Vincent ;).
Oui le film m'a quelque peu exécré et je ne pouvais pas le laisser passer comme ça.