Début d'un comparatif entre le cinéma et son petit frère caché, le jeu de rôle.

Publié le par The old Ben

Allez hop je mets direct les pieds dans le plats.
Je ne vais pas expliquer ce qu'est le jdr, comme je n'expliquerai pas ce qu'est le cinéma, il y a des sites très bien qui le font bien mieux que moi (la FFJDR par exemple).
Je voudrais juste montrer quelques liens entre les 2, j'approfondirais ça sûrement par la suite.
Plutôt que mille paroles je préfère prendre un exemple de scénario pour appuyer les propos, je pensais prendre un des scénarios de Crimes qui sont très bien structurés pour le parallèle entre ciné et jdr, mais je me suis rappelé d'un scénario de Hellywood que j'ai fait joué qui est un très bonne exemple pour sa structure scénaristique classique (dans le bon sens du terme) et malgré tout assez riche.
Le scénario est donc “Un coeur de pierre”  signé Raphaël Andere, co-auteur d’Hellywood, et mis en page par Akhad. Vous le trouverez sur le site de whispers .

Le cinéma Hollywoodien est coupé en 3 actes et en 5 moments fort liés obligatoirement à la question dramatique posé dans ce premier moments forts  :
-éléments perturbateurs,
-pivot dramatique 1 où on se dit que tout est possible et qui ouvre l'acte 2,
-la scène centrale pas obligatoire, sert à relancer l'acte 2 généralement long
-le pivot dramatique 2 où l'on se dit cette fois ci que toute est foutue
-la scène obligatoire où le héros rencontre le méchant et qui résout l'élément perturbateurs en explique presque tout (c'est le climax)

Maintenant les scénarios de jdr ne sont pas tous comme ça, mais on dans l'ensemble la même structure.

Le scénario "Un coeur de pierre" est structuré ainsi :
Au début du scénario une fussillade éclate dans le bar fréquenté par les joueurs quelques morts surviennent et le patron (un ami des joueurs) se retrouvent blessés. Il demande au joueur de trouver qui à fait ça et pourquoi? On a donc de suite la question dramatique du scénario et les pivots devront tourner autour.

Le premier pivot dramatique se situe lorsque le substitut au procureur Mr Milton arrive sur les lieux du crimes et constate que sa fille est morte dans la fusillade, c'est un appui majeur et l'on se dit que l'affaire sera vite résolu avec ça comme soutien. Malheureusement ayant balancé bon nombre de flic ripoux il est obligé de se retourner vers un détective miteux pour résoudre l'enquête (on verra par la suite les véritables raisons).

Après enquête pour trouver qui est le commanditaire de tout ça les joueurs arriveront à une piste de cadavre accompagné d'indices apparemment quelqu'un est passé avant eux, quelqu'un en colère. Au passage c'est un moment très linéaires qui lors de mes parties passent malgré tout très bien. Jusqu'à arrivé au dernier cadavre qui parle du commanditaire principal qui n'est autre que Mr Milton, on a ici le pivot dramatique majeur numéro 2, comment vaincre le substitut? et une nouvelle question se pose qui est ce mec qui à remonté la piste plus vite que nos joueurs.

La scène obligatoire c'est lorsque les joueurs arrivent à la maison des milton et découvre que le garde du corps de Mr Milton (un charmant Golem de 2m²  pas du genre à faire de la poésie) est en faite la personne qui à remonté la piste.
Le dénoument est total, avec plein de rebondissements (pas besoin de les détailler, si vous les voulez allez sur le site et lisez le scénario c'est beaucoup mieux écrit).

Après comme dans le cinéma on sent les sources d'inspirations et les hommages : ici (et les auteurs l'avoue clairement) l'inspiration de James Ellroy et plus particulièrement du 3 ème tome de sa tétralogie L.A. confidential.

Maintenant c'est sur qu'il y a une part du boulot du mj pour que ça devienne vraiment cinématographique, je parlerais de chaque point plus tard, mais lié une musique à un personnage/ évènements est déjà quelques chose d'extrêmement fort en soi ou décrire une scène qui fait monter la tension où les joueurs n'assistent pas.
Par exemple si chaque fois que vos joueurs découvrent un corps la même musique retentit, imaginez la réaction qu'ils auront quand vous mettrez la musique à un moment où ils n'ont pas encore (et où ils ne s'attendent pas) découvert un corps. Ils assimileront automatiquent à la découverte d'un corps, peut être même que le tueur est encore présent.
Ou si vos joueurs arrivent dans un endroit où ils pensent être tranquilles et qu'une menace est présente, plutôt que le bon vieux mec qui sort du placard (non c'est pas un cliché de Brain Soda car c'est pas un chat) pourquoi ne pas décrire en semi flash back ce que le tueur a fait avant de venir se planquer dans cette maison, ainsi que les bruits qu'il a entendu à l'extérieur (répéter les mêmes propos tenu par vos joueurs en role play évidemment) ainsi que l'arme qu'il a pris avant de se cacher.


Bref voilà mon 1er article rédigé, j'espère ne pas vous avoir trop endormis
N'hésitez pas (surtout pas) à mettre des commantaires je serais comme ça si c'est bien, trops pompeux, intéressant, si il y a des points à dévellopées, si ça laisse indiférrent etc...

Publié dans jdr-ciné

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Julien l'Autre 18/11/2009 10:10


Tiens j'ai envie de réagir à ça.

Je dirais que...ça dépend!

En gros la comparaison avec le cinéma se tient dans le cadre d'un one shot (qui, je crois est ta manière de jouer privilégiée).
Mais dans le cadre d'une campagne, pour moi la structure jeu de rolesque (hum!) s'apparente plutot à une série TV. On a un fil rouge qui s'étire sur toute une saison. Et des événements courts à
chaque soirée qui font évoluer, ou pas ce fil rouge.
Tu as ton intrigue, qui peut être complexe en campagne surtout en cas de campagne "ouverte": chaque joueur a ses objectifs, mais différentes factions, différents PNJ, aussi et chacun fait ce qu'il
faut pour les voir évoluer. Les choses se passent d'une certaine façon, prévue à l'avance mais les joueurs, bien sûr viennent brouiller les cartes, pouvant altérer le cours des événements. Au cours
d'une campagne, de nombreux rebondissements peuvent alors intervenir, et bien souvent contradictoires (on s'éloigne alors de la necessaire cohérence d'un film "formaté").
De plus, le cinéma a des impératifs de temps qui empéchent parfois de densifier certains personnages ou de développer certaines intrigues. C'est dû à son format. Le jdr en campagne, tout comme une
série, propose de retrouver, séance après séance des personnages (joueurs ou pas) et un cadre qu'on apprécie. D'ailleurs l'une de mes premières motivations pour le jdr est de continuer à faire
vivre un livre ou un film dont je n'avais pas envie de voir le mot "fin".
Pour moi, dans ce cadre du jdr en campagne, la comparaison avec le cinéma garde sa pertinence pour les notions de rythme à garder, d'impact "visuel" d'une scène, moins sur la structure du scénario
où là on se rapproche plutot de la série.

Le "oneshot" par contre a des contraintes de temps, de format voire même de public (dans le cas d'un scénario de tournoi par exemple, tout lemonde doit être capable de comprendre le scénario, ça
élimine les intrigues trop alambiquées ou les domaines trop spécialisés). Là, oui, tout à fait, je trouve la comparaison ciné/jdr très pertinente. Le cinéma proposant des écoles ou des systèmes ont
été élaborés, c'est vrai que du coup il est interessant de voir si "ça colle" avec le jdr.

My two cents.


Voilà, rapidement, ce que je voulais dire, en espérant avoir été clair (pas sûr l)...).


The old Ben 21/11/2009 11:46


Le style film est par dépit ma façon préféré de jouer car peu de temps de faire des campagnes. Et effectivement dans le cadre d'une campagne ça se rapproche beaucoup beaucoup plus des films. Mais
(il y a toujours un mais) la structure des épisodes peuvent reprendre cette structure (et bon nombre de grande série le fond, BattleStar Galactica pour certains épisodes par exemples ou Lost). Mais
là ou la série (et donc peut être fortement envisagé en campagne de jdr) est différente c'est que la fin de la partie qui peut jouer sur les cliffhanger (le film aussi mais il y a côté frustrant à
envisager pour les spectateur/pj) voir même sur les "à suivre" tout bête. Ils peuvent aussi jouer sur les multi intrigue avec des épisodes/parties ou tout s'effondre et ou c'est le moment ou on se
dit que tout est foutu (en gros ça fait un épisode basé sur le Pivot dramatique majeur 2). Et les séries peuvent même l'envisager plusieurs fois pour relancer l'intrigue à de multi reprises. Bref
je crois que je ferais un article dessus ^^, merci ju pour tes 2 cents qui sont précieux ;).


Vincent 26/10/2009 17:28


Super ! Moi j'adore , je suis cinéphile avec une culture cinématographique mais je n'ai absolument aucune conaissance dans tout ce qui est " Technique " vis à vis du cinéma ( si ce n'est que si le
grand méchant et le gentil se recontrent jamais c'est de l'anti dramatique , on te promet un truc qui n'arrive jamais : cf No country for old men ) et ton article est super instructif à ce niveau
là !
Continue à parler de ça si tu veux parce que sa vaut franchement la lecture.
Vince ( Tordek au cas ou personne n'aurait remarqué ;-) )


The old Ben 26/10/2009 22:53


Merci Vincent du retour (il faut vraiment qu'on arrive à se croiser IRL un de ces 4).
Promis je continue à parler de ça, je suis en train de rédiger un autre article sur la musique, tu verras ;).


The old Ben 19/10/2009 14:37


salut Edh, merci du retour.
en faite je ferais un article plus long sur la musique dans une partie de jdr (car comme dans un film ça ne sert à rien de mettre tout le temps de la musique ça perd de son impact). Et je voulais
légèrement parler de ce qu'il y aura. Mais je prends note en tout cas, il faut mieux que j'évite ;).

J'attends avec plaisir tes retours, et pour le plan type ça date des prémisses du cinéma Hollywoodien qui a pris ça du théâtre grec donc c'est du archi sur !!


Edhilion 19/10/2009 14:04


Alors, non, ton article n'endort pas le lecteur. ^^

Par contre, je ne vois pas trop l'intéret d'intervenir si vite sur la musique. Prends plus ton temps pour développer la-dessus, vu que le sujet se sépare un peu trop de l'article principal.

N'étant ni scénariste pro, ni pro du cinéma, je ne pourrai dire si tu racontes n'importe quoi dans l'instant. Par contre, je peux t'assurer que je vais tenter d'utiliser le "cadre de construction"
que tu décris la pour mon prochain scenar perso et je t'en donnerai mon ressenti. Au moins, on pourra voir si c'était clair et la réaction des joueurs. ^^

A plouch. Et bon courage pour la suite.